| Okami (PS2) |
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![]() Quand le jeu vidéo devient oeuvre d'art. Imaginez une toile. Imaginez l'artiste prendre son pinceau et le tremper dans l'encre. Imaginez le pinceau courir sur la toile et faire naître une infinité de formes et de couleurs, formant une magnifique fresque. Imaginez cette fresque prendre vie. Imaginez que vous pouvez, vous aussi, donner votre touche de pinceau à ce chef d'oeuvre. Imaginez Okami. Laissez-moi vous parler d'un jeu vidéo qui mériterai sa place dans un musée, au milieu des oeuvres des grands peintres disparus. Car comme eux, Okami à vu son créateur, le talentieux studio japonais Clover, disparaître injustement, assassiné par son éditeur Capcom qui aurait voulu de meilleures ventes dans l'archipel nippon. Malgré cela, Clover nous offre depuis le 8 Mars en version française cet ode à la poésie et à l'évasion. Fiche Technique ![]() Nom : Okami Nom original : Ôkami Plateforme : Playstation 2 Editeur : Capcom Dévelopeur : Clover Type : Aventure/Action Sortie en France : 8 Mars 2007 Classification : -12 ans Prix : 56.95€ sur Alapage Scénario ![]() Il y a bien longtemps, dans le beau pays du Nippon, existait le petit village de Kamiki. Les habitants vivaient paisiblement, honorants les cerisiers sacrés, symboles de leur village. Malheureusement cette quiétude était troublée à chaque pleine lune par une terrible malédiction. Orochi, le démon à huit têtes, réclamait lors de cette funeste nuit le sacrifice d'une jeune fille, afin de préserver le village de sa fureur. Quand cette nuit approchait, les villageois pouvaient apercevoir un étrange loup flâner dans les environs. A cause de son pelage blanc comme la neige, il fut surnommé Shiranui. Les habitants pensaient qu'il était un des familiers d'Orochi. Un des villageois voulu défier le terrifiant loup. Le guerrier Izanagi provoqua plus d'une fois Shiranui, sans succès. Le loup était plus rapide que le vent et esquivait son épée avec agilité. Lors de la nuit du 100e sacrifice, c'est Izanami, la plus belle fille du village, qui fut choisie par Orochi. Izanagi, secrètement amoureux de la belle, décida de se rendre à sa place dans la tanière du démon afin de mettre un terme à la malédiction. La Cave de la Lune servait de repaire au terrible monstre. Izanagi y entra courageusement et se lança dans la bataille. Mais Orochi était bien trop puissant. Blessé et épuisé, Izanagi allait accepter sa défaite et embrasser la mort, lorsqu"une forme blanche vint s'interposer entre lui et le démon. C'était Shiranui. Invoquant les forces de la nature, il se mit à combattre Orochi. Mais ce dernier était si puissant que même Shiranui ne pouvait rien contre lui. Rassemblant ses dernières forces, le loup poussant un hurlement, et un miracle se produisit : la lune apparut, éclairant la lame d'Izanagi. Celui-ci, retrouvant une force nouvelle, abattit son épée sur les têtes du démon qui tombèrent une à une. Orochi vaincu, le village était libéré de la malédiction. Malheureusement, Shiranui avait succombé à son combat. Pour l'honorer, les villageois érigèrent une statue à son image au pied du grand cerisier. L'épée d'Izanagi fut nommée Tsukuyomi et placée dans la Cave de la Lune. Un siècle est passé depuis la légende d'Izanagi et Shiranui. Hélas, les ténèbres s'abattent à nouveau sur le Nippon : Orochi est revenu ! Seul le village de Kamiki, protégé par Sakuya, l'esprit des forêts, fut à l'abri du chaos. Utilisant ses derniers pouvoirs, elle invoqua Okami Amaterasu, la déesse du soleil, l'insufflant dans la statue de Shiranui qui s'anima. Une lueur d'espoir scintilla de nouveau dans l'obscurité. Accompagnée par Issun, le minuscule envoyé céleste, Amaterasu entame son périple qui l'amènera à combattre les ténèbres et à sauver le Nippon de la catastrophe qui s'est abattu sur lui. Graphismes Toute l'originalité d'Okami vient de ses graphismes, certes en 3D mais rendus tel une estampe traditionnelle japonaise. Le résultat est une véritable oeuvre d'art animée qui se démarque des graphismes ultra-réalistes des jeux actuels. Evidemment cela à fait naître deux écoles parmis les joueurs critiques : ceux qui considèrent Okami comme le plus beau jeu jamais réalisé, et ceux qui n'ont définitivement pas compris. Jamais le Cell Shading n'a été aussi bien exploité. Les soucieux du détail remarqueront le grain de la toile derrière l'encre et les couleurs, restant fixe tandis que ces dernières s'animent, renforçant ainsi l'effet de peinture se mouvant sur un parchemin. Les paysages sont riches en couleurs et en détails, les personnages sont attachants et typiques de la culture japonaise. Même les monstres sont dessinés avec soin, reprenant des créatures et démons de la mythologie nipponne. Gameplay Okami pourrait ressembler dans son gameplay à un Zelda classique. On dirige Amaterasu (Ama pour les intimes), incarnée par un loup blanc doté de pouvoirs divins, dans le décors coloré du Nippon. On peut parler à tous les personnages qui ont tous une quête à donner ou quelque chose à dire, sauter un peu partout, creuser dans le sol pour déterrer des trésors, ou juste se coucher dans l'herbe et admirer le paysage. A propos des quêtes, sachez qu'il m'a fallu bien 60 heures pour tout faire, quêtes annexes incluses. Si vous foncez tête baissée, 40 heures seront tout de même nécessaires pour mener le jeu à terme. Autant dire que la durée de vie n'est pas un argument négatif. L'exploration du Nippon et la réalisation des quêtes seront ponctuées par des mini-jeux (notamment de la pêche) et nombreuses phases de combats. Pour vaincre les nombreux démons, Ama a à sa disposition pas moins de 12 armes divines éparpillées dans le jeu et réparties en 3 catégories : miroirs, rosaires et épées. En plus de cela, Ama pourra apprendre des techniques dans les Dôjo, moyennant forte rétribution financière, pour anéantir ses ennemis. Ces techniques permettent aussi de faciliter le voyage, comme par exemple sauter plus haut ou creuser dans la pierre. La partie originale du gameplay est certes le fameux Pinceau Céleste. Grâce à lui, vous pourrez dessiner sur la toile du jeu et ainsi agir sur l'environnement. Treize techniques de calligraphie sont à découvrir, vous permettant entre autres de couper les objets (ou les ennemis) d'un trait, de faire fleurir les arbres ou de dessiner des nénuphars sur l'eau, Ama ne sachant pas nager bien longtemps. La prise en main du pinceau est plutôt rapide mais vous verrez qu'il est assez ardu de juste faire un trait droit au bon endroit. Attention, votre encre est limitée mais se régénère avec le temps. Si elle venait à se vider vous serrez privé de pouvoirs (et d'armes) pendant quelques secondes parfois funestes. Dans la grande tradition des jeux Capcom, finir le jeu une fois vous permettra de débloquer des bonus (artworks, musiques et autre) mais également la possibilité de recommencer le jeu avec tout votre argent, toutes vos armes, la plupart des techniques apprises, l'expérience accumulée et divers bonus donnés selon vos résultats. Par exemple trouver les 100 Perles Errantes éparpillées dans tout le jeu débloquera l'invincibilité et l'encre infinie. Une bonne occasion de se replonger dans l'aventure avec un plaisir renouvelé. Son et Musique L'ambiance sonore d'Okami souligne la beauté graphique du jeu. Chants d'oiseaux, souffle du vent, et bruissement des feuilles des arbres accompagneront votre voyage. Prenez du temps pour l'apprécier en vous promenant dans le Nippon. Les personnages parlent tous une langue incompréhensible évitant ainsi des doublages qui souvent déçoivent par rapport à la version originale. Vous serrez donc forcé de suivre les sous-titres, bénéficiant d'une traduction française bien plus fidèle au texte japonais que la version anglaise. La bande originale d'Okami, disponible au Japon dans un magnifique coffret de cinq CDs, reprend la musique traditionnelle japonaise dans toute sa splendeur. Belle et reposante dans les campagnes, entrainante mais pas agaçante durant les combats, la musique d'Okami orne le jeu avec raffinement. Et ô miracle, la chanson du générique de fin à été laissée en japonais, pour notre plus grand plaisir. Conclusion Par tous ses aspects, et sa vocation clairement écolo, Okami enchante et fait rêver. Les plus septiques seront sans doute décontenancés par les graphismes bien loin du moteur d'Unreal 3 mais ô combien soignés, ou par l'autodérision très présente dans le scénario, trait typique de l'humour japonais qui peut troubler les occidentaux. S'inspirant de la culture et des légendes du Japon ancien, Clover nous offre un véritable chef d'oeuvre, qui ravira les amoureux du pays du soleil levant ou simplement les fans de jeu d'aventure. Malheureusement condamné par Capcom, la fermeture du talentueux studio entrainera la diffusion de seulement 10 000 pièces en Europe profitant d'une traduction française ! Autant dire que ce sont dors et déjà des pièces de collection. Dépêchez vous de réserver la votre avant la rupture définitive des stocks ! Pour ce qui est de Clover rassurez-vous, leur talent n'est pas perdu, les membres ayant fondé le studio Seed et semblant fourmiller d'idées. Dernière chose, la rumeur raconte qu'une version Wii pourrait voir le jour, information ni affirmée ni infirmée par Capcom. Si je devais mettre une note pour conclure cet article, ce serait à coup sur 20 sur 20. Mais comme je l'ai dis plus haut, il y a deux écoles. On aime ou on déteste Okami. Je vous laisse donc seul juge avec la vidéo, mon test, et ces screenshots, en espérant qu'ils sauront vous convaincre. Source Images : jeuxVideo.com |
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| mardi 27 mars 07 |




















